Overdose de Demi Lovato : Et si nous parlions d’addiction à la drogue…

“La première fois que j’ai pris de la coke, j’avais 17 ans, je travaillais pour Disney Channel, et j’étais avec quelques amis qui m’ont initiés. J’étais effrayée parce que ma mère m’avait dit que le coeur pouvait se consumer si on en prenait… Mais j’en ai quand même pris, et j’ai adoré”

Demi Lovato parle de son addiction, dans son documentaire autobiographique Simply Complicated

Qu’est-ce qui cause les addictions ?

Le mercredi 25 juillet 2018, la star américaine Demi Lovato est admise en urgence dans un hôpital de Los Angeles. Inconsciente, la jeune femme de 25 ans a dû recevoir une injection de Narcan, un médicament permettant d’inverser rapidement les effets d’une surdose d’opioïdes (de drogues). La chanteuse a succombé une nouvelle fois à ses démons. Pourtant, elle était sobre depuis six ans.

Cette hospitalisation a défrayé la chronique et nous avons pu entendre à l’occasion de nombreuses bêtises sur le phénomène de l’addiction : ce que c’est, ce qui le provoque, comment se soigner, etc.

Lasses d’entendre que “la drogue cause les addictions” et que la “guérison est juste d’une question de volonté”, la team Annakelsat a voulu creuser le sujet.

Qu’est-ce qu’une addiction ?

Pour commencer ce sujet avec une base commune, arrêtons-nous sur la définition de l’addicition donnée par l’une des encyclopédies les plus connues au monde :

“L’addiction, la dépendance, ou l’assuétude, est une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible de faire ou de consommer quelque chose en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire.

Le sujet se livre à son addiction, malgré la conscience aiguë qu’il a de tomber dans des extrêmes et de perdre sa liberté d’action, ou de leur éventualité.

Une addiction se manifeste par un phénomène de manque l. Cette addiction est dite “grave”, si son sevrage entraîne de la violence ou de l’agressivité.”

Définition de l’addiction donnée par Wikipédia

 

Il serait facile de croire que la consommation de drogues est responsable d’un phénomène d’addiction. Qu’à force de consommer des opioïdes, notre corps va en exiger un peu plus car il y a de puissants agents chimiques dedans. Pourtant, une personne qui va se casser la jambe, la hanche ou le bras ira à l’hôpital et recevra beaucoup de diamorphine pendant quelques semaines, voire quelques mois. La diarmorphine étant de l’heroïne (plus pure et donc plus puissante que ce qui est couramment vendu dans la rue ou en soirée), on peut se demander pourquoi on ne présume pas que toutes les personnes hospitalisées deviendront accrocs à la drogue.

Quand je me suis cassée le bras l’année dernière, on m’a donné un produit similaire, je ne suis pas devenue junkie pour autant… De même, pourquoi y a t-il des joueurs compulsifs et d’autres qui se contentent d’aller au casino (ou de jouer aux jeux vidéos) une fois ou deux fois par an ?

Est-ce donc vraiment la drogue qui est responsable lors d’un phénomène d’addiction ? Si la réponse est si simple, pourquoi n’est-ce pas plus facile d’arrêter ?

 

Une histoire de connexion(s)

Au début du XXème siècle, de nombreux scientifiques conduisent des expériences sur des rats afin d’analyser les phénomènes d’addiction. En mettant un rat seul dans une cage avec deux bouteilles (une bouteille d’eau et une bouteille d’eau coupée à l’héroïne ou à la cocaïne), ils constatent que presque à chaque fois, les rats reviennent vers l’eau droguée et en reprennnent jusqu’à se tuer.

En 1970, Bruce Alexander, un professeur en psychologie remet en question nos présupposés sur l’addiction aux drogues. Il note que les expériences précédemment menées étaient toujours effectuées sur des animaux isolés. Le chercheur choisit donc de créer “RatPark”: une vaste cage qui contient plusieurs rats, de nombreux tunnels et balles (pour les divertir) . Il ajoute à cela les deux bouteilles (une bouteille d’eau et une bouteille d’eau coupée à l’héroïne ou à la cocaïne). Curieusement, dans “RatPark”, les rats ne boivent que très rarement l’eau droguée. Aucun n’en boit de façon compulsive et ne développe d’addiction. À la fin de son expérience, Bruce Alexander note alors qu’aucun de ses rats n’a fait d’overdose. Pour le chercheur, le problème de la drogue n’est pas à chercher dans les agents chimiques qu’elle contient mais dans la cage : l’environnement des individus. Les humains ont besoin de créer des liens entre eux pour s’épanouir. Heureux, entourés et en bonne santé, ils y parviennent. Si ce n’est pas le cas, ils vont chercher à se tourner vers quelque chose qui les apaise : regarder compulsivement leur smartphone, jouer à des jeux-vidéos, parier de l’argent, boire, se droguer, etc. Ils chercheront un dérivatif qui leur permet de fuir une situation qui leur déplaît : c’est une autre façon de créer un lien avec quelque chose. Or, ces dérivatifs sont souvent des liens malsains.

Pour Bruce Alexander, et de nombreux théoriciens après lui, l’addiction n’est que le symptôme d’une crise de déconnexion. En isolant un individu en proie à une addiction, en le stigmatisant, en le mettant en prison, en lui retirant ses enfants, en le virant, etc. nous l’isolons un peu plus et risquons d’accentuer cette crise de la déconnexion au lieu de l’aider.

Un individu bien portant ne serait pas un individu sobre, mais un individu “connecté” ou “re-connecté” avec son environnement et ses proches.

Demi Lovato : analysons Sober

Le 21 juin 2018, environ un mois avant son overdose, la chanteuse Demi Lovato dévoile la chanson Sober (Sobre), dans laquelle elle explique avoir replongé et présente ses excuses. L’un des intérêts principaux de cette chanson est que la chanteuse parle énormément de sa solitude : la cause de ses rechutes selon elle.

I don’t know, I don’t know, I don’t know, I don’t know why
Je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas pourquoi
I do it every, every, every time
Je le fais à chaque fois
It’s only when I’m lonely
C’est seulement quand je suis seule
Sometimes I just wanna cave
Parfois je veux juste me laisser aller
And I don’t wanna fight
Et je ne veux pas me battre
I try and I try and I try and I try and I try
J’essaie et j’essaie et j’essaie et j’essaie et j’essaie
Just hold me, I’m lonely
Juste tiens moi, je me sens seule

[…]

I’m sorry that I’m here again
Je suis désolée d’être à nouveau là
I promise I’ll get help
Je promets que je vais me faire aider
It wasn’t my intention
Ce n’était pas mon intention
I’m sorry to myself
Je suis désolée pour moi-même

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