CHRONIQUES EXPRESS #2 – Le Grand Jeu, Coco et Black Panther

Aujourd’hui, retour des chroniques cinématographiques express.

Trois films, trois concentrés d’impressions… bonne lecture !

Retour critique sur 3 films vus au cinéma !


Le Grand Jeu : Un biopic exaltant

 


Le pitch

« La jet-set s’encanaillait ; Molly Bloom empochait. L’histoire vraie d’une femme qui régenta le monde du poker clandestin… et s’y brûla les doigts. » 

On l’appelait la « princesse du poker ». Durant des années, de Los Angeles à New York, Molly Bloom a organisé les parties les plus convoitées et les plus fermées de tout le continent américain. Stars de cinéma, dieux du stade, géants de la finance, princes et PDG se sont battus pour avoir le privilège de perdre des millions de dollars sur son tapis vert. Avant que la mafia russe et les escrocs à la Madoff, puis le FBI, ne s’invitent pour changer la donne…

Source : Télérama


Le Grand Jeu est un biopic qui mêle film d’arnaque, drame filial, thriller financier, polar…

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Dans le rôle de Molly Bloom, nous avons retrouvé avec plaisir une Jessica Chastain impériale, qui s’était déjà illustrée dans le fascinant Miss Sloane. Le film nous plonge dans les hautes sphères du pouvoir, ce monde brillant où l’argent abonde. À la fois dérisoire et indispensable, il est l’objet qui cristallise les désirs.

Comme dans le Loup de Wall street, notre héroïne perd progressivement pied après avoir goûté à l’ivresse de ce séduisant opium : frappée, tel un personnage de tragédie grecque, par son hybris -sa démesure-. Molly est une femme de pouvoir à l’intelligence féroce, orgueilleuse, attachante, qui fait face à l’adversité avec beaucoup de dignité.

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Aaron Sorkin, le célèbre scénariste de The Social Network, créateur des séries À la Maison-Blanche ou The Newsroom, réalise ici son premier long-métrage : ce maître des dialogues cisèlent ses répliques. La construction narrative, partagée entre le temps présent du procès et les flash-backs tient le spectateur en haleine (lui donnant parfois le tournis). Le Grand Jeu est un film politique : dénonciation du système judiciaire américain aux méthodes parfois douteuses, collusions et vacuité des puissants. Il interroge évidemment le rôle des femmes : accessoires de décors luxueux, objets de fascination et de jalousie, Molly se déguise parfois sous les traits d’une bimbo pour paraître inoffensive…

Deux bémols peut-être : la première moitié du film, un peu lente, pour un visionnage qui aura duré 2h20. On peut aussi regretter que ce long-métrage sur la princesse du poker parle finalement très peu du jeu, l’expliquant mal -voire pas du tout-.


Coco : Un dessin animé émouvant

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Le pitch

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz.
Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révèlera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel…

Source : Allociné


Coco est un film d’animation qui nous plonge au coeur de la fête des morts au Mexique. Avec ce film, les studios Pixar parviennent à proposer une narration particulièrement émouvante qui aura récolté 11 récompenses dont celle du Meilleur film lors des 45e Annie Awards, une cérémonie dédiée au cinéma d’animation.

COCO

Dans un Mexique sonore, dansant et animé par les préparatifs de la fête des morts (hommage aux défunts), nous suivons Miguel, un enfant qui rêve de devenir musicien. Où est le problème ?, me direz-vous. Sa famille est la seule du quartier à ne pas chanter et danser : ils ont banni la musique de leur vie depuis qu’un ancêtre (celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom) a abandonné sa famille pour se consacrer à la musique. Refusant de devenir cordonnier comme ses parents, Miguel vole dans son tombeau, la guitare de son idole, Ernesto de la Cruz, et se retrouve propulsé dans le monde des morts…

Parlons d’abord de musique puisque c’est le rêve de notre Miguelito ! La palette sonore est variée et participe parfaitement à l’immersion dans l’univers du film… Tantôt pétillante, tantôt lyrique, parfois nostalgique, épique… Elle est un liant pour la communauté et une madeleine de Proust : un air familier et intime permet de raviver les souvenirs d’enfance…

Esthétiquement, il nous faut absolument revenir sur ce monde des morts : bigarré, festif, presque carnavalesque. Cet élément de folklore mexicain permet de livrer un discours bouleversant sur la mort, l’oubli et la tradition. Les défunts sont ici ressuscités sous la forme de squelettes : ils visitent les vivants pendant cette fameuse día de los muertos. La tonalité festive est néanmoins toujours nuancée par l’intrigue les thématiques du film : Miguel retournera-t-il à temps dans le monde des vivants ? Quand ils auront été oubliés par les vivants, les nouveaux amis de Miguel finiront-ils par mourir une deuxième fois, « définitivement » ?

Attendez-vous à un grand huit émotionnel ! On est sorties de ce visionnage… en larmes (mais ravies) !

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La team Annakelsat à la sortie du film

Black Panther, héros de hier et d’aujourd’hui

La panthère noire est « un animal sauvage qui, si on l’attaque, ne reculera pas ». Ce mot de John Hullet, un des leaders du SNCC et futur membre de la Black Panther Party résume l’esprit qui anime le héros de Marvel.

 

Fan ou non de l’univers de Marvel, vous n’avez pas pu passer à côté des affiches de Black Panther. Vous avez dû être intrigué par le nom de ce héros fantastique qui évoque le mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine.

Black Panther : T’Challa, c’est le premier héros noir dans le monde des comics. Né en 1966, pendant le mouvement pour les droits civiques aux États-Unis, le héros qui a valorisé les Africains et marqué les lecteurs noirs de l’époque ressort au cinéma… On entend à plusieurs occasions des personnages dénoncer la violence policière aux États-Unis, les conditions de vies des « frères » en Afrique ou le passé colonial des grandes nations.

« Comment vous croyez que vos ancêtres se sont procuré ça, » dit Erik Killmonger (Michael B. Jordan) avant de voler un masque africain au Museum of Great Britain, assimilant le curateur du musée à un colon. Si sa vision et ses actions pourraient évoquer Malcolm X elles sont rejetées par T’Challa.

Devant la tournure radicale que prend le mouvement sous l’égide de Malcolm X, Marvel avait renommé brièvement son héros Black Leopard. Dans un numéro du Comics, la panthère noire s’exprimait sur le mouvement en disant : « je ne condamne ni ne soutiens ceux qui ont pris ce nom, mais T’Challa suit ses propres lois ».

Si l’emblématique héros de Stan Lee est antérieur de quelques mois au mouvement Black Panther Party et n’a jamais cautionné leurs actions, il s’inscrit néanmoins dans les questions sociétales de son temps (passé et présent).

Mon cours d’histoire étant terminé, je vous laisse découvrir le pitch :

Le pitch

Au Wakanda, un pays africain secret et technologique avancé, la mort de son père, le roi, force T’Challa a rentrer chez lui pour prendre sa place sur le trône et devenir la nouvelle Black Panther. Il doit choisir s’il veut conserver le repli du pays sur lui-même ou aider les pays voisins et risquer d’attirer des attentions jalouses et envieuses. Entre trahison, amour et jalousie, T’Challa va être entraîné dans un conflit qui menace le destin de  son royaume, voire du monde entier.

Si la puissance symbolique de ce film ne vous a pas convaincu de le voir, le casting ne vous fera pas hésiter : Lupita Nyong’o (Twelve Years a Slave), Danai Gurira (Walking dead), Michael B. Jordan (Creed : L’héritage de Rocky), Martin Freeman (Sherlock et The Hobbit), Chadwick Boseman (Get on up), Forest Whitaker…

Ce Marvel donne une place très importante aux figures féminines entourant Black Panther. Le dicton :  » Derriere chaque grand homme il y a une femme » n’aura jamais aussi bien pris son sens. Black Panther n’est pas un Charlie exploitant ses Angel’s mais un héros épaulé et qui s’améliore aux cotés d’une tripotée d’héroïnes.

Esthétiquement, il y a quelques bons plans, de belles scènes de combat, des touches d’humour et d’auto-dérision qui ont fait le succès de ces Comics : c’est un Marvel bien plus réussi que les derniers… et vous aurez vite envie de partir en vacances au Wakanda, cet eldorado caché qui allie technologie, tradition et des tenues très élaborées.

Il y a des éléments symboliques qui renvoient à la culture africaine dans ce film : le nom des personnages, les coiffures… La garde de T’challa, les Dora Milage évoquent les amazones du royaume Dahomey. Il faut saluer le #BlackPantherChallenge lancé par Disney qui a permis de lever plus de 300 000$ pour envoyer des enfants voir ce film.

Les limites : J’ai été gênée par un certain panafricanisme et par ce Wakanda né d’une interprétation américaine de l’Afrique.

Enfin, les inconditionnels de Marvel trouveront leur compte dans la scène finale : lié à la fin de Captain America : Civil War. On retrouve Bucky … (et c’est tout ce que je dirais… Vous pourrez vous spoiler ailleurs)

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4 commentaires sur “CHRONIQUES EXPRESS #2 – Le Grand Jeu, Coco et Black Panther

      1. J’attends le dernier Avengers (Infinity War) en espérant ne pas être trop décçu.

        Un qui m’a agréablement surpris et auquel je ne m’attendais pas fut ‘Justice League’.

        Après, les goûts et les couleurs…

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