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Aujourd’hui, dimanche 20 novembre 2016, le premier tour des primaires de droite est lancé.

Forcés ou non, c’est une nouvelle qui a sans doute saturé votre espace médiatique et pour cause : ces primaires là (le combat NSK-Juppé-NKM-Fillon-Bruno Le Maire-Poisson) et les primaires (dans leur exercice en général) font débat, à gauche comme à droite.

Il y a ceux qui estiment qu’elles sont une opportunité de plus de voter, d’exprimer leur opinion, ceux qui pensent qu’elles sont carrément contraires à l’esprit démocratique, ceux qui veulent propulser « leur » candidat pour les élections présidentielles de 2017 et ceux -de gauche- qui ont peur du retour de NSK (notre Dark-Vador national) et préfèrent voter Juppé…

Nous allons tenter de revenir sur les raisons de la dispute qui a éclaté chez nous aujourd’hui, en plein conseil familial.


Les primaires pour Elsa. T

Je n’irais pas jusqu’à invoquer De Gaulle (laissez-le en paix, ce pauvre homme !) pour dire que je ne suis pas fan du concept des primaires mais vous n’échapperez pas à :

Alain de Benoist : « Les primaires sont contraires à l’esprit de la Ve république ».

Si on vous reparle du Général ces derniers temps, ce n’est pas seulement pour l’utiliser comme argument d’autorité ou s’inventer une filiation idéologique avec une figure qui serait une des dernières incarnations du politicien apprécié par l’opinion publique (pas sûre que nos amis algériens et soixante-huitards soient d’accord, mais c’est un autre débat…). Quand on parle des primaires et de Charles De Gaulle, c’est parce que dans sa perspective, l’élection présidentielle était la rencontre directe du peuple et d’un Homme le plus possible affranchi du poids des partisans. Si un parti peut soutenir un candidat, quand ce candidat n’est plus que le représentant de son seul parti, il y a un risque de ne s’adresser qu’à un seul électorat et non plus à tout le peuple.

Pour moi, les primaires, c’est ce malheureux concept qui nous vient des États-Unis (vous savez le charmant pays, fondé sur le bipartisme, qui vient d’élire Donald Trump pour président alors qu’une majorité d’américains avaient voté Hillary…).

Donc pour ceux qui ont encore un doute : je suis contre les primaires (et les partis politiques) qui finissent par réduire le choix de nos représentants, ne nous laissant souvent  voter que pour « le moins pire » et nous laissant l’impression que nos options sont limitées à trois partis : la trinité Les Républicains/Le parti socialiste/Le Rassemblement Bleu Marine.

Je n’irai pas voter pour de médiocres et inquiétants candidats qui ne m’inspirent rien car des sondages me parlent du passage du Front National au second tour, je refuse d’accepter cette vision pessimiste, je n’abandonnerai pas mes convictions idéologiques en signant (même si rien ne m’engage) une charte républicaine et je refuse de participer à cette mascarade démocratique.

Signée : Une humaniste sans parti. (Un coeur à prendre ?)


 Les primaires pour Anna. K

Mon coeur de gauche saigne en ce dimanche 20 novembre (permettez l’emphase, la journée est difficile). Un dilemme cornélien fait des noeuds à mon cerveau fatigué : est-ce qu’on peut rester intègre en votant « contre » et non « pour » un candidat ? En participant aux primaires d’un parti dont on rejette presque toutes les valeurs ?

Pour faire barrage à Nicolas Sarkozy, dois-je soutenir un Juppé qui me semble légèrement moins inquiétant ? L’extra-libéral et ultra conservateur Fillon est-il une moins mauvaise option que l’ancien Président ? Science bien complexe et cruelle que celle de la hiérarchie des pires

Aujourd’hui, je me sens coupable de tout : coupable de vouloir voter, de donner de l’argent aux Républicains, de faire comme si je soutenais un de leurs programmes. Coupable aussi de ne pas voter, de ne pas faire entendre ma voix, de ne pas bloquer les spectres extrême-droitisants qui menacent notre démocratie.

Dois-je renoncer à l’idéalisme d’une adhésion, sinon totale, au moins partielle, à un projet qui m’enthousiasmerait ? Dois-je écouter les traumatisés du 21 avril 2002 (Chirac-Jospin-Le Pen), qui veulent voter « utile » ?


Conclusion

Anna K. : « Je ne crois pas qu’il y ait de bonnes réponses. Je crois que chacun répond, en son âme et conscience et le moins mal possible à ces questions insolubles  »

ben-kerckx

Inutile donc de faire pleurer vos enfant à table : il n’y a pas de solutions parfaites.
Certains voteront pour Nicolas Sarkozy par conviction… Certains en espérant qu’il ne passera pas au second tour des élections présidentielle de 2017 parce qu’il serait trop « détesté », d’autres voteront Juppé contre NSK, d’autres NKM ou Bruno Le Maire en invoquant « un renouvellement dans la classe politique »…

Tout le monde mène à bout sa stratégie plus ou moins complexe, et les sondeurs ont bien du mal à traquer les grandes tendances. Après tout, ils donnaient Jospin au deuxième tour en 2002 et Hillary Clinton présidente en 2016…

Comme dans une sorte de télé-réalité géante, on observe, on réfléchit, on choisit de participer ou non… Et on attend.

« La démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres »

Winston Churchill

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