Les coups de coeur, épisode 2 !

Anna K. partage de nouvelles pépites culinaires, littéraires, artistiques…

Coups de coeur #2

1- Les salades Prêt-à-manger

Pardon pour cette recommandation qui fait très cliché de blogueuse (faussement) hipster… Un détail amusant : c’est le nombre de Prêt-à-manger dans Londres qui a attisé ma curiosité, titillant mon âme de testeuse. Bilan : les salades sont chères mais toujours fraîches, goûteuses et parfaitement dosées. Les avocats sont fondants, les lentilles très bien cuites, la sauce équilibrée en sucré-acidité. Mention spéciale pour leur crumble fraise-rhubarbe, qui termine parfaitement le repas.

2- La vie à deux, Dorothy Parker

« Si les Bain avaient voulu consacrer leur existence à collectionner tous les objets et meubles pouvant évoquer la contrainte, l’inconfort ou la tombe, ils n’auraient pas réussi plus parfaitement à faire de leur living-room un caveau de famille »

« Le merveilleux Vieux Monsieur », La vie à deux, Dorothy Parker

« Elle n’avait fait part à personne de sa décision d’adopter un petit garçon. Mme Matson l’avait choisi, selon ses propres termes, dans la meilleure maison de New York. Cela ne surprit personne. Mme Matson allait toujours dans les meilleures maisons pour faire ses achats »

« Le petit Curtis », La vie à deux, Dorothy Parker

« Quand elle ouvrait les longues boîtes translucides, une curieuse expression se peignait sur le visage de Miss Wilmarth. Sur des traits plus fins, on eût pu croire à de la nostalgie ; mais venant de Miss Wilmarth, cette expression ne servait qu’à mettre en évidence l’étrange ressemblance qui pesait sur elle depuis ses jeunes années ; son visage ne prenait vraiment son sens qu’accompagné de ce regard d’affection qui est particulier à notre frère le cheval »

« La jument », La vie à deux, Dorothy Parker

Les personnages de Dorothy Parker semblent surgir des toiles d’Edward Hopper : saisis dans un instant d’intimité, près du téléphone en attendant l’appel de l’être aimé, en pleine brouille conjugale dans le compartiment d’un train, dans une entreprise new-yorkaise après la fermeture… La plume du Wit* est toujours incisive et hilarante. Dans ce recueil de nouvelles, Dorothy Parker brosse des portraits d’êtres drolatiques à force d’être ridicules. Comme ils sont bien souvent une version emphatique de nos propres travers, la lecture nécessite un certain sens de l’auto-dérision…

*affectueux surnom donné à Dorothy Parker par ses amis pour évoquer son esprit acéré

3- Sautoir médaille, sautoir Camden

Le premier sautoir est un résultat des explorations sur la toile d’Elsa T sur le site louyetu. Coup de fil de mon acolyte : « J’ai un collier pour toi ». Le coup de foudre pour Frankie fut immédiat.

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Si vous aimez les bijoux fins, les médailles, les motifs délicats (et que vous avez quelques instants), explorez leur e-shop…

Le deuxième sautoir est une trouvaille de Camden Market, un souvenir de notre voyage de rentrée (si l’avez loupé, le carnet de voyage est ici). La vendeuse, adorable, me l’a vendu pour une dizaine de pounds. Comme le premier collier, il se superpose parfaitement avec d’autres chaînes plus courtes (effet Riley garanti !)

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Riley, personnage de la série Netflix « Sense8 »

4- Les mots intraduisibles

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« La sensation d’anticipation qui vous pousse à regarder dehors pour voir si quelqu’un arrive »

Avez-vous un mot pour désigner le regard partagé entre deux personnes dont chacune espère que l’autre va prendre l’initiative de quelque chose que les deux désirent mais qu’aucun ne veut commencer ? Le yagan, langue amérindienne, vous offre la possibilité d’utiliser mamihlapinatapai.

Les mots intraduisibles me rappellent la légende des mots inuits pour la neige : partout où ils se trouvent, les hommes façonnent le langage pour circonscrire leur réel, désignant par exemple le plaisir de se retrouver au coin du feu (peiskos, en norvégien), une histoire qui émeut jusqu’aux larmes (commuovere, en italien), ou encore la joie ressentie, sans arrière-pensée, pour quelqu’un à qui il arrive quelque chose de bien (fargin, en yiddish).

La talentueuse Ella Frances Sanders a composé un magnifique livre illustrant ces intraduisibles : Lost in Translation: An Illustrated Compendium of Untranslatable Words from Around the World. Je vous propose ici une petite sélection : 

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« Le fait de laisser un livre sans le lire après l’avoir acheté, souvent glissé dans une pile de livres non lus »
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« Le fait de chercher quelque chose dans l’eau seulement avec ses pieds »
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« La sensation d’être seul dans la forêt, en connexion avec la nature »

5- La forme du jour

« L’auteur oulipien est un rat qui construit lui-même le labyrinthe dont il se propose de sortir »

Raymond Queneau

« Au fond, je me donne des règles pour être totalement libre »

Georges Perec

La forme du jour, c’est d’abord un compte twitter. Mais c’est surtout un challenge participatif passionnant (excusez le langage de consultant, on se fait un brief et j’arrête ça ASAP). Une forme est soumise chaque jour à l’oeil et aux crayons acérés de talents petits et grands. À la manière des contraintes oulipiennes, cet exercice de style force la créativité et montre l’imagination débordante des contributeurs. En un mot : je suis fascinée.

La vidéo qui m’a fait connaître le principe de la #formedujour :

Une sélection de réalisations récentes :

 

6- Concept

Concept, c’est un jeu découvert en fin d’été. Anna K. et sa maman se promenaient en quête d’un camion-youpala (c’est une longue histoire…). On est ressorties sans l’objet désiré mais avec le lauréat du jeu de l’année 2014. Le principe est relativement simple : à l’aide d’une série de pictogrammes placés sur un plateau, vous tentez de faire deviner par équipe des mots, des expressions, des personnages ou des titres d’oeuvres aux autres joueurs. Si on parvient aisément à suggérer une abeille, « tourner autour du pot » ou « le pont des Soupirs » s’avèrent plus complexes…

Une partie de Concept pour vous faire une petite idée :

Si vous supportez la voix off légèrement infantilisante, voici la courte présentation officielle du jeu :

7- La tarte aux prunes de Morgane

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Anna K. aimant le mystère (et la préservation de l’anonymat de ses proches), elle taira l’identité de Morgane. Elle vous dira tout en revanche de sa réalisation pâtissière : pâte sablée épaisse, sirop de prunes confites caramélisé, prunes acides du marché. Un délice !

8- Les lanternes magiques

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Les lanternes magiques, c’est toute une expérience. L’attente de la nuit noire, d’abord. Vient ensuite le choix, crucial, du lieu : abrité du vent, le plus éloigné possible des maisons et de la végétation. Tel le pyromane que vous craigniez d’être, vous allumez ensuite avec un mélange d’excitation et d’angoisse un carré de tissu. L’enveloppe de papier ignifugé qui se déploie vous semble plus grande que sur l’emballage. La flamme commence à brûler vos doigts. Vous n’avez jamais été une experte en physique-chimie, mais vous sentez que la magie commence à opérer : la lanterne gonfle. À l’instinct, d’un coup d’oeil entendu avec votre partner in crime, vous décidez enfin de la lâcher. C’est l’instant le plus angoissant du processus : vous êtes émerveillé par la beauté du spectacle mais vous avez l’impression que vous allez être la cause d’un incendie qui va ravager le village. Vous vous répétez le numéro des pompiers, repérez discrètement comment enjamber le portail pour prévenir les voisins. Une voix manque de déclencher l’arrêt de votre coeur : « C’est beau, hein ! ». Vous observez, émue, la lanterne devenir un point lumineux dans le ciel. Tout redevient noir et paisible. Les battements de votre coeur s’apaisent.

9- Woman reading a possession order, Tom Hunter

Coup de coeur Anna K. #2

J’ai découvert cette photographie à la Saatchi Gallery, il y a quelques années. C’était une froide après-midi d’automne, il pleuvait. Les pieds endoloris, j’errais dans les espaces d’exposition en guettant un canapé providentiel. Et puis la photographie de Tom Hunter est entrée dans mon champ de vision. Comme diraient nos amis québécois, je suis tombée en amour.

« L’âge d’or de la peinture flamande m’a beaucoup influencé : la manière dont ils évoquaient les gens ordinaires et non les rois, les reines ou les généraux. Je pensais que si je pouvais emprunter leur style pour les squatteurs et les voyageurs, j’élèverais ainsi leur statut. Dans cette photographie inspirée par Vermeer, ma voisine Filipa lit un avis d’expulsion »

Tom Hunter, interviewé par Andrew Pulver du Guardian, novembre 2009

Johannes Vermeer, La Liseuse à la fenêtre, vers 1657

Tom Hunter a raconté la journée de la prise de vue : la conversation avec Filipa, le choix d’un appareil de large format pour capter la lumière, les essais de pose. Sa voisine restant immobile quelques instants, le temps d’exposer la pellicule quelques secondes…

Le sujet est traité avec délicatesse, pudeur et bienveillance. La composition et la lumière, sublimes, font de Filipa une figure iconique.

« Je voulais prendre une photographie montrant la dignité de la vie dans les squats – créer une oeuvre de propagande pour sauver mon voisinage »

Tom Hunter

Mission réussie : cette photographie a ouvert le dialogue avec les autorités, qui ont finalement préservé la maison.

10- L’Île Louvre, Florent Chavouet

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« J’ai imaginé le Louvre comme un pays, une contrée à part, et j’ai poussé l’exercice jusqu’à en faire une île, pour encore mieux circonscrire mon aire d’exploration. Mon livre ne se passe donc pas dans un hypothétique futur ou les eaux seraient montées de plusieurs mètres, il se passe tout simplement dans ma tête »

Florent Chavouet, «Le langage avec lequel je suis le plus à l’aise est le carnet de voyage», Libération, novembre 2016

Vous connaissez peut-être Tokyo Sanpo et Manabé Shima, les carnets de voyage de Florent Chavouet ? Le dessinateur enregistre, tel un anthropologue ou un reporter, des bribes de conversation, des objets quotidiens, insolites, la complexité des architectures, les expressions des personnes croisées sur le chemin, avec un sens de l’observation et du détail époustouflant… Le Louvre devient le temps d’un album une contrée exotique. Le trait de crayon est superbe et l’humour, comme toujours, réjouissant !

11- « In The Middle », Dodie Clark

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Si vous aimez les mélodies de Kate Nash et l’univers de Lily Allen, vous fonderez sûrement pour ce tube vitaminé de Dodie Clark. Sur sa chaîne, elle partage ses projets, ses découvertes, ses angoisses, ses covers et ses compositions personnelles. Elle a réuni cinq de ses plus jolies créations dans un EP : « You ». Si vous avez envie d’un air doux-amer, laissez-vous tenter par « Would You Be So Kind? ». Et si vous aimez les balades mélancoliques, vous serez certainement touché par « Secret for the Mad »

 

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