Ceux qui croient en la beauté de leurs rêves : #1 William Kamkwamba

Il y a tous les jours des histoires incroyables de personnalités qui se révèlent, luttant contre ce que les tragédiens grecs appelaient le fatum : un destin imposé par un milieu social. C’est le cas de William KamKwamba qui a construit une éolienne pour son village à seulement quatorze ans.


Quelques mots sur William KamKwamba

« The future belongs to those who believe in the beauty of their dreams »

« L’avenir appartient à ceux qui croient à la beauté de leurs rêves »

Eleanor Roosevelt

Aujourd’hui, découvrons William Kamkwamba, un jeune habitant du Malawi qui à 14 ans, sans diplôme, a construit une éolienne pour son village.

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W.K signant son livre autobiographique, à une journaliste dans son village d’enfance (Wimbe).

 Naissance du Projet

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Autobiographie de William Kamkwamba, traduite en français sous le titre Le garçon qui dompta le vent, publié aux Presses de la cité en 2010

Le récit de William Kamkwamba a toutes les apparences du conte

Le petit garçon naît au Malawi le 5 août 1987. Il est le second d’une famille de sept enfants. Il grandit à Wimbe, un village isolé, à deux heures trente de Lilongwe, la capitale du Malawi. Ses parents sont fermiers et William les aide, tout en suivant ses cours à l’école primaire du village. Après ses études primaires, le jeune garçon entre à l’école secondaire de Kachokolo, une école payante.

Seulement en 2001, suite à la sécheresse qui frappe gravement le pays, ses parents dne peuvent plus payer : William et ses frères et sœurs sont contraints de quitter l’école pour aider la famille à survivre.

« Une année, le sort s’est acharné. En 2001, nous avons connu une terrible famine. En 5 mois, tous les habitants au Malawi ont commencé à mourir de faim. Ma famille ne mangeait qu’un repas par jour, en soirée. Trois bouchées de nsima (NdT : bouillie de maïs) pour chacun. La nourriture traversait notre corps.Il ne restait plus rien […] Au Malawi, à l’école secondaire, il faut payer des frais de scolarité. À cause de la famine, j’ai dû arrêter l’école » »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009

À 14 ans, William continue néanmoins à se rendre à la bibliothèque pour s’instruire et tombe sur le livre Using Energy (Utiliser les Énergies), découvrant ainsi l’utilité des moulins à vent pour pomper l’eau -et donc irriguer les cultures- et apporter de l’électricité. Le garçon décide d’en construire une pour aider sa famille, qui utilise encore du kérosène.

 « Ce livre m’a mis le savoir entre les mains. Cela disait qu’une éolienne pouvait pomper l’eau et générer de l’électricité. Alors, j’ai décidé de construire une éolienne pour moi. »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009


Le Malawi en 2001

Il faut savoir qu’en 2001 au Malawi, 80% des habitants (environ 600 millions de personnes) n’ont pas accès à l’électricité. Les populations, pour chauffer leurs aliments s’éclairer, abattent donc des grands arbres. Or l’utilisation massive du bois comme source d’énergie est une cause d’accélération de la déforestation, de la sécheresse et de la pollution -en augmentant le gaz à effet de serre-.

Ils utilisent aussi beaucoup le kérosène.

Parlant du kérosène dans son livre, William explique que son utilisation pour avoir de la lumière produisait de grandes fumées noires qui faisaient tousser ses soeurs et les rendaient malades.

Les hydrocarbures aromatiques et aliphatiques du kérosène sont volatils et facilement absorbables par voie respiratoire.

Leur toxicité en milieu professionnel est essentiellement neurologique.

L’inhalation de concentrations excessives au poste de travail provoque des signes ébrionarcotiques:

  • Sensation d’ivresse.
  • Maux de tête.
  • Vertiges.
  • Nausées.
  • Tendance à la somnolence.

[…] Non volatils à température ambiante, les HAP, Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques ont une toxicité dominée par leur pouvoir cancérogène.

L’exposition professionnelle prolongée, au moins une dizaine d’année est responsable d’une augmentation de l’incidence :

-des tumeurs cutanées, contacts répétés sans protection.

-des tumeurs bronchopulmonaires, inhalation de vapeurs ( sous réserve de procédés à chaud), ou d’aérosols microparticulaires.

-des tumeurs vésicalescontacts cutanés et/ou inhalation prolongés.

Les dangers du Kérosène selon le site, Atoutsante


Et la lumière fut !

« Pomper l’eau, ça voulait dire irrigation. Un moyen d’éviter la famine que nous vivions à ce moment-là. Alors, j’ai décidé que je construirai une éolienne pour moi. Mais je n’avais pas de matériaux pour le faire. Je suis allé à la décharge où j’ai trouvé mes matériaux. Beaucoup de gens, y compris ma mère, disaient que j’étais fou »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009

À 14 ans, William se lance donc dans le projet de construire une éolienne et part en quête de matériaux pour construire son premier prototype, puis son premier moulin de 5 mètres de haut.

« J’ai trouvé un ventilateur de tracteur, un amortisseur, des tubes en PVC. En utilisant un cadre de vélo et une vielle dynamo, j’ai construit ma machine. Cela alimentait une ampoule au début. Puis 4 ampoules avec des interrupteurs, et même un disjoncteur conçu d’après une facture d’électricité. Une autre machine pompe l’eau pour l’irrigation »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009

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Premier moulin à vent de 5 mètres de haut.

 

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Une seconde éolienne de 12 mètres voit le jour, « the Green Machine », permettant d’irriguer le champ familial et de faire accéder à l’électricité 6 familles voisines.

 


La victoire de 

William KamKwamba

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« Les gens ont commencé à faire la queue devant chez moi  pour recharger leur téléphone portable. Je n’arrivais pas à m’en débarrasser. Et puis les journalistes sont venus aussi,ce qui a amené des bloggers, ce qui a fait que j’ai reçu un appel de quelque chose appelé TED. Je n’avais jamais vu d’avion auparavant. Je n’avais jamais dormi dans un hôtel. Alors, sur scène ce jour-là à Arusha, mon anglais s’est évanoui, j’ai quand même du dire quelque chose du style : “J’ai essayé. Et je l’ai fait.” »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009

  • Le projet du jeune malawite fait venir de nombreuses personnalités (voisins, chercheurs, journalistes). En 2007 il est invité à une conférence TED en Tanzanie.
  • Hartford Mchazime, directeur adjoint du MTTA, l’ONG responsable de la bibliothèque communautaire que fréquentait le jeune homme, lance une collecte de fonds pour renvoyer William à l’école.
  • En 2008, William peut reprendre ses études, d’abord en Afrique du Sud dans l’African Leadership Academy, à Johannesburg. Il suit un stage d’anglais intensif à Cambridge puis est diplômé en 2014 du Dartmouth College aux états-Unis.
  • Avec la fondation Wind Mills Projet et de nombreux bienfaiteurs, il met en place :
    • Un accès à l’eau potable pour le village au moyen de pompes à énergie solaire et une formation des villageois aux réparations
    • Un système d’irrigation pour les cultures au moyen d’une éolienne
    • Une création de 3 classes alimentées en panneaux solaires, permettant aux écoliers de pouvoir étudier le soir venu
    • Une pose de panneaux solaires sur le toit du lycée afin d’alimenter les ordinateurs en électricité
    • La création d’un réseau local pour que les étudiants puissent accéder à une base encyclopédique sans avoir accès à internet
    • Un projet de biogaz en utilisant le fumier des vaches. Le gaz est ensuite utilisé pour cuisiner, contribuant ainsi à la réduction de la déforestation
    • La création d’une équipe de football pour les enfants ayant abandonné l’école afin de les remotiver et de lutter contre l’inactivité. Les matchs permettent aux familles de vendre leurs produits aux spectateurs afin de développer le commerce

     

  • Aujourd’hui, William Kamkwamba souhaite étendre les progrès de son village à d’autres et créer un centre pour l’innovation en Afrique.

 

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« Je voudrais dire quelque chose à tous les gens, comme moi, aux Africains et aux pauvres qui luttez avec vos rêves, Que Dieu vous exauce. […] Je vous le dis, ayez confiance en vous et croyez-y. Quoi qu’il arrive ne renoncez pas. Merci. »

William Kamkwamba, traduction d’une conférence TED en 2009

 

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